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Image Le pays et la culture Dogon

Le pays et la culture Dogon

D’après Jean-Louis Paudrat

 

Situé dans la partie orientale du Mali, et mordant sur le nord ouest du Burkina Faso, le pays Dogon constitue un vaste territoire dont les frontières s’étendent sur près de mille kilomètres. A l’ouest en deça de la plaine alluviale, dépendant du complexe fluvial Niger-Bani, se déploie sur quelques quatre vingt kilomètres un plateau de grés primaire, que l’érosion éolienne a transformé en un paysage souvent chaotique particulièrement aride en saison sèche, lorsque entre février et juin souffle l’harmattan et que la température s’élève à 45°C.

Les nombreuses fractures de la roches quelques fois profondes ont permis néanmoins l’aménagement sur le fond schisteux des crevasses de surface cultivables, irriguées par l’infiltration à travers le grés de l’eau des rivières, qui courent temporairement en surface. Cette région du plateau s’interrompt en surplomb de la plaine Seno-Gondo, par une falaise escarpée, longue de deux cent soixante kilomètres environ orientée vers le nord est jusqu'à Doucentza puis vers l’est jusqu’à Hombori. Entaillée de failles horizontales, criblées d’une multitude de niches et de grottes, à certains endroits rompues par le départ, de hauts couloirs qui pénètrent le plateau sa paroi, se dresse au dessus, d’une masse d’éboulis, rocheux. Sur ces derniers parfois à l’abri d’auvents ou de plates formes, saillantes sont juchées greniers et sanctuaires habitations et jardinets en terrasse. Entre le pied encombré de la falaise et le cordon lunaire de la plaine une bande de terre arable bénéficie outre des effets des précipitations de l’hivernage de l’eau qui ruisselle ou jaillit en cascade, du rebord et du flanc de la falaise. Au-delà sur une profondeur d’une centaine de kilomètres s’étend vers le sud est de la plaine sableuse.

 

En raison de la superficie restreinte des terrains cultivables, de la faible épaisseur de l’humus des conditions climatiques souvent défavorables, l’agriculture en pays Dogon, réclame de ceux qui s’y adonnent savoir-faire maitrise des techniques  et organisation du travail précisément définie. Mil Sorgho Fonio Riz Maïs qui sont a la base de l’alimentation sont cultivés au cours des 4 mois de la saison des pluies de la mi-juin à la mi-octobre. Le surplus des cultures maraîchères (oignons, tomate, oseille, haricots, piments ) ainsi que celui de la production de coton de chanvre de tabac sont échangés sur les marchés de la région contre de la viande, du poisson séché, du sel, du café, et quelques articles manufacturé.

Les produits de la pêche et de la chasse, ne constituent aujourd’hui qu’un appoint épisodique, de nourriture. Enfin, si les Dogon, ne se livrent pas à l’élevage, des bovins, ils entretiennent un petit cheptel de caprins et d’Ovins, laissés souvent au soin des jeunes garçons. A ceux –ci s’ajoutent quant aux animaux domestiques de leur environnement , entre autres volailles, tortues de terre , quelques ânes et plus rarement des chevaux.

 

La production artisanale d’objets nécessaires, à la vie de tous les jours apparait comme une activité sexuellement différenciée. Ainsi la poterie, le cardage, et le filage du coton, la teinturerie sont ils des pratiques spécifiquement féminines, alors que le tissage et la vannerie sont exclusivement masculins. Les artisans spécialisés dans le travail des métaux du bois et du cuir, relèvent es groupes sociaux, sont le statut ne se confond pas avec celui des agriculteurs. La construction ou la restauration des édifices ne requiert pas l’intervention de véritables spécialistes bien que la compétence reconnue de certains villageois tels ceux originaires d’Amani par exemple, puisse être sollicitée dans les localités des alentours.

 

Les Dogon sont au nombre approximatif de 500000. à la veille de l’indépendance du Mali, sur les 694 agglomérations, qu’ils y occupent , 570 comportaient moins de 500 habitants et 6 seulement plus de 2000. l’appartenance à la culture Dogon, ne se définit pas par l’usage d’une langue strictement identique qui serait pratiquée sur l’ensemble du territoire. L’existence de près de 20 parlers, lexicalement différents rend parfois nécessaire le recours a une langue véhiculaire, telle que le Peul, entre des interlocuteurs Dogons, venant de régions éloignées les unes des autres. Par ailleurs le pays Dogon ne se caractérise pas non plus par une occupation ethniquement homogène. Si dans la région de Bandiagara les Dogon, constituent plus de 80% de la population, dans celle de Doucentza ils ne sont plus que 25% non seulement ils entretiennent sur les zones limitrophes des relations souvent étroites avec les Bozo, Bamana, Bwaba, Soninke, Mossi et Songye mais encore au cœur même du pays ils vivent parfois en symbiose avec leur voisins immédiats tels les Peul et les Saman, jadis leurs ennemis.

 

L’identité sociale d’un individu se définit d’abord par la famille étendue, patrilinéaire et patri locale à laquelle il se rattache. Cette grande famille exogame qui comporte tous les descendants en ligne masculine d’un ancêtre commun est placée sous l’autorité du plus vieil homme de la génération la plus ancienne des descendants du fondateur du village. Au sein du village, chaque ginna occupe un quartier dont le centre est la maison du doyen, de la parentèle. Cette demeure qui fut celle en principe du fondateur comporte souvent en façade une succession de niches qui évoquent les huit ancêtres primordiaux des Dogon, et partie de leur descendance locale. Résidence du patriarche elle est également le sanctuaire où sont rendus les cultes voués notamment aux mânes des ancêtres familiaux. Leur préposé qui est le Ginna, bana entre autres activités rituelles y accomplit divers libations et sacrifices sur les poteries funéraires substitut des ancêtres et ce afin de maintenir l’harmonie entre vivants et morts. Par ailleurs le patriarche aidé d’un conseil des anciens administre les biens, sacrés et profanes qui sont la propriété collective et indivise de tous les membres du lignage. A proximité de la Ginna se trouvent les habitations ordinaires ginu sala, autels et sanctuaires, jardins et greniers et surplombant la place principale du village le grand abri togu na, le plus souvent un par quartier. Sous un toit fait de tiges, de mil bottelés supportés par des piliers de pierre sèches ou par des pilastres de bois sculptés se réunissent là les hommes vieux et jeunes afin en ce lieu de paroles sages de débattre des affaires de tout ordre intéressant la communauté. Au-delà du village parfois très éloignées s’étendent les aires de culture, propriété de divers lignages.

 

A cette identité familiale s’en ajoute une autre, de type clanique. En effet les membres de la même famille étendue comme ceux de lignage différents, peuvent relever d’un même groupe d’appartenance qui se réfère d’un ancêtre totémique, commun, le babinu, lequel est dit être en correspondance avec tell ou telle partie du corps qui fut morcelé du père des hommes , Nommo, lors de son sacrifice. Le prêtre desservant du culte totémique , le binukediné médiateur entre l »humanité et les puissances surnaturelles, a la charge d’un sanctuaire qui peut être érigé dans la cour du Ginna. A l’intérieur de l’édifice, ont lieu des sacrifices réguliers sur les autels et autre objets rituels parmi lesquels les statuettes anthropomorphes et zoomorphes. La façade est ornée de bas reliefs et de peinture et le fronton comporte un ou plusieurs crochets de fer destinés à attirer au profit du clan et de ses membres les forces qui favoriseront la fertilité des sols et la fécondité des humains.

 

Il est encore une autre collectivité plus vaste que le clan à laquelle la plupart des Dogons déclarent dépendre : l’une ou l’autre de ces quatre tribus initiales, qui naguère , au terme d’un long périple, se constituèrent sur les marches du pays qu’elles allaient séparément occuper : les Ono et les Domno devaient s’établir dans la plaine, les Dyon, sur le plateau et les Arou le long de la falaise,. Mais cette répartition, s’est trouvée au cours du temps modifiée en raison des migrations secondaires aujourd’hui les tribus, de l’origine se mêlent sur un même territoire.

Néanmoins c’est au sein d’instances qui procèdent de cette configuration tribale que sont nommés les plus hauts dignitaires religieux les Hogons, ces derniers accordent présence a celui d’entre eux qui résident à Arou près d’Ibi, lequel est considéré colle chef spirituel suprême non seulement des Arou mais aussi de tous les Dogon. Quelque soit l’étendue de la région sur laquelle il exerce son autorité religieuse chaque Hogon est l’officiant majeur des cultes rendus au lébé. Cette entité des plus importante est celle de la renaissance cyclique de la terre nourricière de la germination de la croissance des espèce végétales. Par la médiation de prêtres totémiques le Hogon préside à l’ensemble des rites agraires sa demeure est aussi le sanctuaire dans lequel il officie pour l’obtention des pluies fertilisantes. L’autel du lébé qui en est le cœur est fait pour une part cette terre dite métamorphose apporté du Mandé et qui fut divisée entre les 4 tribus avant qu’elles ne se dispersent.

 

Deux grands rites le Dama et le Sigi, souvent décrits pour leur caractère spectaculaire contribuent a affermir les liens de solidarité entre les membres de la communauté inter-villageoise, pour le premier a fédérer les villages d’une même région pour le second.

Le Dama célébré tous les deux ou trois ans, en fonction des décès survenus, durant la période antérieure constitue l’ultime phase du rituel funéraire : la levée du deuil ; étant considérée comme la remise en ordre des forces spirituelles , errantes , libérées en quelques sortes par le surgissement de la mort. Ainsi cette cérémonie vise t elle d’une part par la médiation des masques, à capter et à canaliser une puissance mortifère en maraude jugée dangereuse pour la communauté villageoise tout entière , et d’autres part, à engager le processus de transformations des défunts en ancêtres. Autrefois le Dama pouvait durer six jours pleins, et dans quelques agglomérations requérir l’intervention de quelques 200 à 300 danseurs masqués. Aujourd’hui encore bien que beaucoup moins nombreux ces derniers, par leur comportement chorégraphique, par les personnages et les idées multiples auxquels renvoient personnages et costumes , et surtout visages de bois ou de fibre, réactualisent les épisodes successifs de la création de l’univers et de l’histoire de l’humanité depuis la vibration initiale de la matière provoquée, par le démiurge et que simulent par le brusque tournoiement de leur buste les porteurs de masques a croix potencée jusqu’à l’évocation de la société contemporaine que miment par exemple les masques du policier du maitre d’école coranique voire de l’ethnographe.

Cette représentation du système du monde en ordre et en mouvement est semble t il pensé comme un leurre destiné à séduire la puissance occulte de la mort, afin de tenter d’en déjouer les effets les plus néfastes.

Les adolescents circoncis, et les adultes jusqu’à 45 ans qui exhibent ainsi les masques relèvent tous, de l’awa, association qui outre l’organisation des dama du village , se charge des cultes à l’ancêtre mythique, dyongu seru, qui fut dit on le premier des hommes à mourir. Support permanent des principes spirituels de cet ancêtre, le « grand masque » un haut mat qui peut atteindre 10 mètres est taillé , consacré et exposé, hors de son antre lorsque tous les 60 ans le temps du Sigi est enfin venu.

Chaque village où se déroulera l’une des sept phases, de ce rite itinérant parti obligatoirement du massif de Yougo fêtera alors le renouvellement du monde. , simultanément, commémoration de l’apparition de la mort parmi les hommes et révélation de la parole, de résurrection. Dans l’abri où sont déposés depuis le tout premier passage du rite ambulatoire, la série successive des masques jusqu’à celui nouvellement taillé, les futurs dignitaires de l’awa, auront été initié à la langue secrète en laquelle seront proférées les incantations, propre a ce rite.

Devant le masque de la nouvelle génération, les hommes vêtus et parés de manière différentes selon les villages, qui se transmettent le Sigi, défileront et boiront la bière communielle assis sur leur crosse-siège, dont les deux branches en Y rappellent l’immolation bras levés du Nommo avant sa résurrection. Seule femme à participer à cette cérémonie dignitaire elle aussi de la société des masques la Yasigine, tient dans la main, une louche en calebasse réplique de celle qui lors du Sigi initial permis aux hommes de boire les paroles de la renaissance.

La découverte en 1931 dans l’abri des grands masque du village d’Ibi d’une série de neuf lames devait permettre à Marcel Griaule de fixer approximativement au début du Xv la date probable de la tenue en ce lieu du premier Sigi et par extrapolation l’époque vraisemblable d’installation des Dogon fdans cette région de la falaise. Nombre de spécialistes s’accordent aujourd’hui pour admettre a partir d’autres témoignages d’ordre archéologique que ce serait en effet au Xvque les Dogon au terme d’une migration relativement longue aurait occupé progressivement le territoire, -plaine falaise et plateau- où ils vivent actuellement. Néanmoins certains considèrent comme tardive cette période généralement retenue et avancent d’un siècle, ou deux cet important épisode historique.



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