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African Paris Gallery L'Oeil et la Main. Art premier primitif africain

Baroness Karen Blixen


Baroness Karen Blixen

 

La baronne Karen von Blixen-Finecke, née Karen Christentze Dinesen, et connue sous son pseudonyme d'Isak Dinesen (17 avril 1885 à Rungstedlund dans la commune de Hørsholm – 7 septembre 1962 à Rungstedlund) est une femme de lettres danoise, célèbre pour avoir écrit La Ferme africaine dont est tiré le film Out of Africa : Souvenirs d'Afrique et Anecdotes du destin dont une nouvelle sert de base au film Le Festin de Babette.
 
 
Biographie
Elle est la fille d'Ingeborg Westenholz1 et de l'écrivain et officier Wilhelm Dinesen qui, semble-t-il, aurait été atteint de syphilis, et en conséquence se suicide par pendaison alors que Karen n'a que neuf ans, en 1895.
 
Elle fait ses études à Copenhague, puis des études d'art à Paris et à Rome.
 
Riche, elle rejette le mode de vie bourgeois et se tourne vers la peinture et l'écriture. Elle disait : « Je n'ai jamais tant aimé en ce monde que la peinture et l'écriture. Mais si j'avais à choisir, je ne serais ni peintre ni écrivain mais fermière. »
 
Elle fait ses débuts d'écrivain en 1907 par la publication d'un conte, Les Reclus (Eneboerne). D'autres suivront jusqu'en 1909. Puis Karen Blixen cesse d'écrire devant leur peu de succès.
 
En 1909, elle éprouve une grande passion non partagée pour son cousin issu de germain, Hans von Blixen-Finecke, suivie d'une longue période de désespoir.
 
En décembre 1912, elle se fiance avec le baron Bror von Blixen-Finecke, frère jumeau de son ancien amour. L'année suivante, les fiancés projettent l'achat de la plantation de café M'Bagathi, dans l'actuel Kenya, qu'ils réalisent grâce à un important investissement financier de la famille de Karen. Bror Blixen est nommé directeur des Cafés Karen, choix qui se révèle malheureux en raison de ses faibles talents pour la gestion et l'agriculture. Le 14 janvier 1914, Karen Blixen débarque à Mombasa2 et se marie le jour-même avec Bror. Peu après son mariage, elle apprend que son mari lui a transmis la syphilis.
 
En raison de la difficulté d'un traitement sur place, Karen Blixen repart se faire soigner au Danemark en 1915. Son frère et confident, Thomas Dinesen, la rejoint pour l'aider à la plantation de 1918 à 1923. Les deux époux s'éloignent de plus en plus, notamment en raison de la gestion calamiteuse de Bror et de ses infidélités (d'ailleurs tolérées3). Ils divorcent en 1925, mais restent en bons termes.
 
 
Les monts Ngong, où chassaient Denys Finch Hatton et Karen Blixen.
En 1918, son mari lui présente l'aventurier Denys Finch Hatton, pilote de l'armée de l'air britannique et guide de safari. Il devient le grand amour de sa vie, même si leurs relations sont parfois orageuses ; charismatique et érudit, il l'encourage à écrire. Karen Blixen accueille le 9 novembre 1928 dans sa ferme le prince de Galles, futur Édouard VIII, héritier du trône d'Angleterre4. Finch Hatton la quitte pour l'aviatrice britannique Beryl Markham. Il meurt dans l'accident de son avion personnel le 14 mai 1931, à 44 ans. La situation financière de l'exploitation se dégrade d'année en année. La ferme est finalement vendue, et Karen Blixen doit quitter définitivement l'Afrique en juillet 1931. Dans une dernière lettre avant de quitter le continent africain, elle écrit :
 
Même si elle a été un peu plus tendre envers certains autres, je suis malgré tout persuadée que j'ai été l'un des favourite children de l'Afrique. Un vaste univers de poésie s'est ouvert à moi et m'a laissée pénétrer en lui, ici, et je lui ai donné mon cœur. J'ai plongé mon regard dans celui des lions et j'ai dormi sous la Croix du Sud, j'ai vu les grandes plaines être la proie des flammes et alors qu'y poussait une herbe verte et tendre après la pluie, j'ai été l'amie de Somali, de Kikuyu et de Maasaï, et j'ai survolé les Ngong Hills, "j'ai cueilli la plus belle rose de la vie" - je crois que ma maison a été une sorte de refuge pour les passants et pour les malades et qu'elle a été pour tous les Noirs le centre d'un "friendly spirit"."5
Le 19 août 1931, elle accoste à Marseille, puis rejoint le domaine familial de Rungstedlund, le 31 août. Elle est alors financièrement ruinée, sentimentalement désespérée, et sans perspective d'avenir ; après avoir dû quitter sa ferme et l'Afrique, elle voit son échec comme total. Pour combler le vide de sa vie, elle se met à écrire, alors qu'elle approche la cinquantaine. « Personne n'a payé plus cher son entrée en littérature », dira-t-elle plus tard.
 
Après de nombreux refus, ses Sept contes gothiques sont enfin acceptés, en 1934, par un éditeur américain, Robert Haas. Karen Blixen décide de les publier sous le pseudonyme d'« Isak Dinesen ». L'accueil du public américain est enthousiaste. La Ferme africaine (Den afrikanske Farm, titre en danois ; Out of Africa en anglais) sort en 1937. Confinée au Danemark occupé pendant la guerre, elle publie Les contes d'Hiver (Winter's Tales) en 1942.
 
Après la Seconde Guerre mondiale, son domaine de Rungstedlund devient un petit cercle littéraire, où Karen Blixen reçoit de nombreux jeunes écrivains et intellectuels danois, principalement issus de la revue littéraire Heretica. Elle engage Clara Selborn qui devient sa secrétaire, ainsi que sa conseillère artistique et économique. Une amitié particulière la lie de 1948 à 1955, avec un jeune poète danois, Thorkild Bjørnvig, de trente ans son cadet, qu'elle héberge et fait vivre dans son domaine. Cette histoire est racontée par Bjørnvig lui-même, dans Le Pacte, inédit en France, douze ans après le décès de Blixen.
 
Elle s'affirme peu à peu comme une figure de premier plan de la vie artistique danoise, notamment par le biais de nombreuses causeries radiophoniques.
 
En 1958, Karen Blixen prend l'initiative de créer une fondation pour la pérennité de son domaine de Runstedlund, avec la création d'une réserve pour les oiseaux dans le parc. Elle publie la même année Les Derniers Contes, comprenant notamment Le Festin de Babette.
 
Affaiblie et malade, elle entreprend un voyage de quelques mois aux États-Unis en 1959, où l'accueil de son public est triomphal. Karen Blixen réalise un rêve : dîner avec Marilyn Monroe et son mari Arthur Miller.
 
Elle voyage encore à Paris en 1961, puis meurt, assistée par son frère, dans sa maison de Rungstedlund, le 7 septembre 1962. Elle est enterrée dans le parc de sa demeure devant environ trois cents personnes.
 
Origines de La Ferme africaine
 
Musée Karen Blixen à Karen, près de Nairobi dans sa ferme du Kenya
Durant l'année 1913, Karen et Bror, alors fiancés, cherchent à créer une plantation de café dans l'Afrique Orientale anglaise. Bror parvient à acheter la plantation de café M'Bagathi, grâce à un important investissement financier de la famille de Karen Blixen. L'entreprise prend pour nom la Karen Coffee Co. Bror Blixen est nommé directeur, mais montrera vite qu'il n'a pas l'étoffe d'un patron.
 
Dès 1917, le conflit éclate entre les époux sur la destinée de l'entreprise. En 1920, Aage Westenholz, oncle de Karen et président de la Karen Coffee Co., vient sur place pour statuer sur l'avenir de la ferme. Il choisit de relever Bror Blixen de ses fonctions de directeur au profit de Karen, l'intimant de ne plus prendre aucune fonction dans la plantation. Elle pense pouvoir redresser la situation, mais dès 1923, le propre frère de Karen Blixen est convaincu que la ferme n'est pas économiquement viable. Au cours des années suivantes, Karen ne cesse de demander de l'argent à sa famille pour faire survivre l'entreprise. Pour sa famille danoise, il semble que les fonds envoyés sont plus perçus comme une œuvre caritative et d'évangélisation religieuse qu'un investissement financier.
 
La situation ne cesse de se dégrader. Finalement en 1931, la société anonyme est contrainte de se placer en liquidation et de vendre la ferme. Karen Blixen passe les derniers mois à écouler la dernière récolte et tenter d'assurer la situation de ses employés.
 
Maladie
La tombe de Karen Blixen à Rungstedlund
Son mari volage lui transmet la syphilis après leur mariage (ils se séparent en 1921 et divorcent en 1925, mais restent en bons termes).
 
Soignée par un traitement au mercure, sa syphilis semble avoir été guérie de son vivant : des tests approfondis, après 1925, sont incapables de trouver la présence du tréponème pâle dans son organisme. Il est peu vraisemblable qu'elle ait souffert de neurosyphilis. La plupart des symptômes semblent dus au traitement, plutôt qu'à la syphilis elle-même. Les troubles neurologiques attribués à un tabès étaient probablement la conséquence tardive de ses traitements : mercure, arsenic et bismuth8.
 
En 1955, à l'âge de 70 ans elle doit subir une intervention chirurgicale sur la moelle épinière ainsi qu'une gastrectomie pour un ulcère de l'estomac. Son alimentation en sera définitivement perturbée, provoquant une malnutrition à l'origine de son décès à 77 ans, alors qu'elle ne pèse plus que 31 kg. Elle repose désormais au fond du parc de sa propriété de Rungstedlund.
 


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