Résultat de la recherche : 'collectionneurs'
Enchères et émotions
AuteurRolande Bonnain-Dulon du même auteur
École des hautes études en sciences sociales
EHESS
Centre de recherches historiques
54, bd Raspail
75006 Paris
Au-delà de leur public bien sûr, les ventes aux enchères passionnent les sociologues et les ethnologues et ce, à juste titre [Matras-Guin, 1987 ; Quémin, 1993 ; Rémy 1990]. Grâce à eux, on a compris pourquoi cette pratique sociale qui mêle l’économique au symbolique, le rationnel aux émotions, l’individuel à une certaine forme de collectif attire tant de gens qui vont là comme au spectacle, par curiosité, sans avoir toujours l’intention de participer aux enchères. Ces chercheurs nous ont également montré le rôle que ces lieux ont joué sur la constitution des communautés diffuses et temporaires, la mise en place de rituels profanes, le vécu de la concurrence, le rapport aux objets, le métier de commissaire-priseur.
2 Avec cet article, nous visons à montrer la forte incidence du lieu et les effets de sa représentation sur l’existence, les pratiques et les particularités d’un certain monde[1] [1] On utilise ici le terme « monde » dans le sens que lui...
suite, celui des collectionneurs d’arts premiers[2] [2] L’expression « arts premiers » désigne ici, sans...
suite dont les objets acquièrent lentement le statut d’art classé, en particulier en ces temps où le Louvre les accueille.
3 Aujourd’hui, les anciennes puissances coloniales ne se livrant plus à des guerres de conquête, une pièce classée dans les arts premiers n’a guère
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L’art indigène des colonies françaises _ Pavillon de Marsan
(Louvre, Paris) 1923 Stéphane Chauvet et l’exposition du pavillon de Marsan Stéphane Chauvet est né le 27 Novembre 1885, à Béthune dans
le Pas de Calais, il était normand d’origine, riche d’une magnifique hérédité
scientifique et intellectuelle. Son père inventa la lampe à arc et le treuil
Chauvet qui révolutionna les conditions d’exploitation des mines. Entraîné dans ce courant très jeune, Stephen Chauvet
manifesta une vivacité d’intelligence dont on rencontre peu d’exemples. Lauréat
au concours général, bachelier de philosophie à 15 ans, le naturaliste Mangin,
directeur du Museum, frappé par ses dons d’observation l’arrache à la
préparation de polytechnique pour l’orienter vers la médceine et les sciences
naturelles. Depuis le jour où après la guerre 14-18 il obtint de la veuve du
commandant Bertrand revenant de >Zinder une petite statuette féminine du
Soudan et un masque double, Chauvet fut touché par la grâce de l’art nègre et
par le démon de la collection. De 1920 à 1935 quinze années durant il sera un des plus
surts animateurs de ce mouvement qui oriente l’opinion publique vers les arts
indigènes et en particulier
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Regards sur les arts primitifs NICOLAS JOURNET
Partager : Comment percevoir les arts primitifs ? Un colloque analyse les points de vue opposés des esthètes - l'objet est beau - et des anthropologues - l'objet est révélateur de la culture. Un peu cachés par un intitulé exagérément neutre (« Art et anthropologie : perspectives »), les propos du colloque international qui s'est tenu au siège du CNRS parisien du 6 au 8 novembre 2002 ne pouvaient que tinter aux oreilles des responsables du futur musée du quai Branly, consacré aux Arts et Civilisations. Ce grand projet, que l'on peut dire présidentiel, a en effet soulevé ces dernières années quelques tempêtes dans le milieu de l'anthropologie, avant d'être - de bon ou mauvais gré - accepté par la communauté scientifique. A l'origine de cette querelle : le démantèlement du musée de l'Homme, établissement scientifique, au profit d'une autre structure, plus soucieuse de mettre en valeur les arts dits primitifs (ou « premiers », en langue châtiée). Quelle différence ? Soit une collection de magnifiques pagnes trobriandais, ouvragés et empourprés avec goût. On n'en fera pas la même exhibition selon qu'on y voit un objet rituel offert lors d'une cérémonie mortuaire, un « échantillon de culture », un exemple de technologie mélanésienne... ou une parure puissamment décorative, un « bel objet ». Conflit de registres Cette tension est bien illustrée par le propos de Nathalie Heinich : entre « esthètes » et
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Afrique Sacrée II juin 2006
Œuvres des collections du Cirque du Soleil, du Musée des beaux-arts de Montréal et du Musée Redpath, Université McGill
 Masque de danse okouyi En juin 2006, le Musée des beaux-arts de Montréal mettait à l’honneur l’art du continent africain en révélant des œuvres de très grande qualité provenant de la collection de Guy Laliberté. Afrique sacrée I était le résultat d’un partenariat inédit, issu d’une sélection de pièces provenant de trois collections montréalaises – universitaire, beaux-arts et corporative – celle du musée Redpath de l’Université McGill, du Musée des beaux-arts de Montréal et du Cirque du Soleil.
À compter du 19 novembre 2008, Afrique sacrée II propose une nouvelle sélection d’œuvres majeures, provenant principalement de la collection de Guy Laliberté, qui illustre les approches plastiques d’autres peuples d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique équatoriale et du centre. Afrique sacrée II : œuvres des collections du Cirque du Soleil, du Musée des beaux-arts de Montréal et du musée Redpath, Université McGill rassemble 48 œuvres, des sculptures, des masques et des objets, dans des nouvelles salles plus vastes qui seront dorénavant dévolues à l’art africain. « Le Musée est heureux de ce
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L' Historique de la Biennale des Antiquaires depuis 1962
La Biennale des antiquairesUn rendez-vous prestigieuxCréée en 1962, la première Biennale des antiquaires se tient au Grand
Palais où elle a lieu régulièrement jusqu'à la fermeture de la Nef pour travaux.
2006 marque le grand retour de la Biennale des antiquaires sous la verrière du
Grand Palais. Biennale des antiquaires 2006. Le dôme illuminé. ©
Ministère de la Culture et de la Communication, cliché Didier
Plowy Cette prestigieuse foire rassemble les plus grands marchands français et
étrangers, les collectionneurs fortunés et les amateurs avertis. Elle offre un
panorama unique de plusieurs siècles d'art. Amateurs de mobiliers, tapisseries,
faïences, peintures anciennes trouvent à coup sûr leur bonheur parmi toutes les
propositions, allant des arts premiers à la peinture moderne en passant par le
XVIIIe, l'Art déco ou les années cinquante.
La Biennale des
antiquaires est organisée par le Syndicat national des antiquaires depuis 1956
D'abord annuelle, elle devient biennale et
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Cabinet de curiosités Frontispice de Musei Wormiani Historia montrant l'intérieur du cabinet de curiosités de Worm. Cabinet d'un particulier, Frans II Francken, 1625, Kunsthistorisches Museum, VienneUn cabinet de curiosités était un lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l'hétéroclisme et l'inédit. On y trouvait couramment des médailles, des antiquités, des objets d'histoire naturelle (comme des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des carapaces, des herbiers, des fossiles) ou des œuvres d'art. Apparus à la Renaissance en Europe, les cabinets de curiosités sont l'ancêtre des musées et des muséums. Ils ont joué un rôle fondamental dans l'essor de la science moderne même s'ils gardaient les traces des croyances populaires de l'époque (il n'était pas rare d'y trouver du sang de dragon séché ou des squelettes d'animaux mythiques). L'édition de catalogues qui en faisaient l'inventaire, souvent illustrés, permettaient d'en diffuser le contenu auprès des savants européens. Le principe du cabinet de curiosités a disparu durant le XIXe siècle, remplacé par des institutions officielles et les collections privées. Celles-ci ont joué encore un grand rôle dans certaines disciplines scientifiques comme l'entomologie ou la conchyliologie. Dans la recherche Le sujet a été étudié par l'historien d'art viennois Julius von Schlosser (qui lui consacre, en 1908, un ouvrage, Die Kunst- und Wunderkammern der Spätrenaissance) et par Patricia Falguières,
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Cabinet de curiosités Frontispice de Musei Wormiani Historia montrant l'intérieur du cabinet de curiosités de Worm. Cabinet d'un particulier, Frans II Francken, 1625, Kunsthistorisches Museum, VienneUn cabinet de curiosités était un lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l'hétéroclisme et l'inédit. On y trouvait couramment des médailles, des antiquités, des objets d'histoire naturelle (comme des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des carapaces, des herbiers, des fossiles) ou des œuvres d'art. Apparus à la Renaissance en Europe, les cabinets de curiosités sont l'ancêtre des musées et des muséums. Ils ont joué un rôle fondamental dans l'essor de la science moderne même s'ils gardaient les traces des croyances populaires de l'époque (il n'était pas rare d'y trouver du sang de dragon séché ou des squelettes d'animaux mythiques). L'édition de catalogues qui en faisaient l'inventaire, souvent illustrés, permettaient d'en diffuser le contenu auprès des savants européens. Le principe du cabinet de curiosités a disparu durant le XIXe siècle, remplacé par des institutions officielles et les collections privées. Celles-ci ont joué encore un grand rôle dans certaines disciplines scientifiques comme l'entomologie ou la conchyliologie. Dans la recherche Le sujet a été étudié par l'historien d'art viennois Julius von
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BAMBARA ART GALLERY L'OEIL ET LA MAIN
41 RUE DE VERNEUIL 75007 PARIS EXPOSITION DU 4 DECEMBRE 2009 AU 4 FEVRIER 2010 WWW.AFRICAN-PARIS.COM
Les Bambara (ou Bamana) sont un des groupes les plus connus et les plus étudiés d'Afrique de l'Ouest. Ils occupent toute la partie centrale du Mali est constitue la plus importante ethnie du pays. Leur production artistique, très tôt découverte en France du fait de l'implantation de colons français dans toute la région, est très appréciée des collectionneurs d'art d'Afrique de l'Ouest. La diversité de cette production (masques, statuaire, objets de culte...), liée à la complexité de la cosmologie et du système de pensée religieuse a toujours fasciné les Européens, et en particulier les Français, présents sur leur territoire dès le début du XXe siècle. Les échanges perpétuels des différents groupes d'Afrique de l'Ouest ont permis aux Bambaras de créer un art aux symboles complexes et multiples, créant des objets hybrides (comme les cimiers ciwara) ou incarnant une esthétique idéale (les figures féminines jonyeleni). La galerie L'Oeil et la Main propose une nouvelle exposition célébrant la diversité de l'art bambara et la créativité de ses artistes, qui ont façonné des objets puissants et complexes, appréciés et exposés dans le monde
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La collection Kerchache aux enchères Le 21 mai 2010 à 01H00 - LesEchos Je me souviens de Jacques Kerchache, épuisé mais rayonnant, réglant l'implantation des vitrines au millimètre près. (…) A mes yeux, ces salles sont le reflet de son âme. Elles reflètent son amour des oeuvres et des hommes qui les ont créées » (1). C'est Jacques Chirac qui témoigne ainsi de son amitié envers Jacques Kerchache en décrivant son implication lors de l'ouverture du pavillon des Sessions du Louvre, dont les dix ans d'existence viennent justement d'être fêtés. Il était né d'un père mi-kabyle mi-catalan et d'une mère belgo-helvético-hollandaise. Il avait épousé Anne, mi-sénégalaise, mi-vietnamienne. Et, dès l'âge de douze ans, ayant rencontré par hasard l'écrivain et journaliste Max-Pol Fouchet, qui le prend sous son aile, il cherche à découvrir les cultures du monde. Les 12 et 13 juin prochain, l'étude Pierre Bergé et Associés disperse le contenu de ses pléthoriques collections : 403 lots estimés 4,9 millions d'euros. Son épouse a manifestement conservé des momies tatouées susceptibles de déclencher des polémiques ainsi que des sculptures vaudoues qui devraient être l'objet d'une exposition ultérieure. Dans le cercle des arts primitifs, l'excitation relative à certaines pièces mises en vente est grande. La part consacrée aux arts premiers (une expression qu'il a d'ailleurs inventée) dans les estimations est majeure : un peu plus de 4 millions
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Exposition « Mumuye »
ART GALLERY L'OEIL ET LA MAIN
41 RUE DE VERNEUIL 75007 PARIS
EXPOSITION DU 2 NOVEMBRE AU 6 DECEMBRE 2009
WWW.AFRICAN-PARIS.COM
Le Nigéria demeure l'un des pays africains les plus dynamiques en matière de production artistique, et ce dans tous les domaines. C'est à la sculpture nigériane et à ses artistes que la galerie L'Oeil et la Main a choisi de rendre hommage, à travers l'exposition "Mumuye". C'est
une vision à la fois globale et diversifiée de l'esthétique mumuye qui est proposée aux visiteurs et aux collectionneurs, à travers la présentation d'une quinzaine de pièces d'une grande qualité plastique.
Le groupe ethnique des Mumuye est situé au Nord-Est du Nigéria et se compose de sept sous-groupes aux coutumes et aux croyances distinctes. Leur origine commune se situerait, selon la tradition orale, plus au Sud du pays. Du fait de la difficulté d'accès à leurs territoires, les Mumuye ont longtemps été préservé de toute influence extérieure, jusqu'à leur soumission définitive aux Anglais dans les années 1950. En effet leur premier contact avec les Européens date de 1892, quand ils prêtèrent main forte au Jukun dans leur lutte contre les Fulani, eux-mêmes armés par les Français.
Les Mumuye vouent un culte au Vabo, c'est à dire aux divinités intermédiaires agissant entre les êtres humains et le dieu suprême La, associé au soleil. La statuaire mumuye a connu un grand succès parmi les amateurs d'art africain
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Exposition « Coiffures africaines »Après les expositions monographiques consacrées aux ethnies Mumuye et Bambara, la galerie L’œil et la Main début l’année 2010 avec une exposition consacrée au thème souvent négligé de la coiffure africaine. Souvent négligée car appartenant à la sphère des arts « populaires », la coiffure revêt cependant en Afrique une importance particulière, tant esthétique que symbolique. La coiffure permet à la fois de cultiver son apparence, mais aussi d’affirmer son identité ou son statut social. Certaines coiffures sont immédiatement identifiables, comme par exemple la coiffure évasée des Mangbetu de République Démocratique du Congo ou les coiffures solidifiées à l’ocre de Namibie. D’autres font référence à un système hiérarchique plus complexe. Art millénaire, la coiffure se retrouve également dans la production artistique africaine moderne, à travers les peintures publicitaires des kiosques de coiffeurs ou de barbiers, ou encore dans la mode afro-américaine. A la fois ornements et symboles identitaires, les coiffures portées par les différentes ethnies se retrouvent dans leur production artistique. Bien qu’ils représentent des divinités ou des ancêtres, masques et statues portent les coiffures des vivants. En Afrique la coiffure est toujours pratiquée par des membres de la famille ou des amis de confiance. En plus des aspects sociaux de l’évènement, les cheveux,
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par Armelle Malvoisin, Le Journal des Arts - n° 276 - 29 février
2008
En intervenant pour empêcher la vente de pièces litigieuses d’arts
premiers chez Tajan, plusieurs experts parisiens posent le problème de
l’expertise. PARIS - « C’est
une honte pour la maison Tajan », commentait un professionnel venu en
observateur le 19 février à l’espace Tajan, à Paris, à l’occasion de la vente
d’arts premiers qui s’y tenait. Cette vacation de prestige, préparée avec
l’assistance de l’expert Hervé Naudy, devait être, pour la maison de ventes, le
coup d’envoi du retour de Tajan dans ce domaine (lire le JdA no 275, 15 février
2008, p. 24). Un scénario qui a tourné au cauchemar. « La consultation du catalogue nous a
interloqués », rapportent quatre marchands et experts parisiens (Bernard Dulon,
Philippe Ratton, Christine Valluet pour les arts tribaux, et Jacques Blazy pour
l’art précolombien) dans une lettre datée du 15 février 2008 et adressée au
président du Syndicat national des antiquaires (SNA). Ceux-ci indiquent que de nombreux collectionneurs leur ont demandé leur avis
sur l’authenticité des pièces proposées. Ils les ont donc examinées sur place au
moment de leur exposition. Dans leur courrier, sur les 326 pièces composant au total
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FORCE ET MESURE
La découverte de l' "art primitif" : un art de la force Formes et fonctions des formes Divinités et ancêtres Le bois vivant Force et mesure
Elaborer une esthétique de l'Afrique noire apparaît comme une entreprise hasardeuse à bien des égards. Est-il légitime d'isoler ces objets, qu'aujourd'hui nous qualifions d'œuvres d'art, du cadre général de leurs relations et de leurs contraintes culturelles ? Peut-on les soumettre à un critère qui n'a jamais existé dans la pensée de leurs créateurs ? Et peut-on, enfin, voir dans cet art - si l'on s' en tient à ce terme - un phénomène uniforme, malgré la grande variété de styles tant régionaux que locaux que nous offre cet énorme continent, à la suite de longues évolutions historiques souvent mal connues ? Enfin, n'oublions pas que cette approche exclut de vastes régions, notamment l' Afrique blanche, c' est à dire la zone méditerranéenne avec son histoire millénaire ; l'Afrique orientale et méridionale dont les peuples de pasteurs
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Les arts premiers : nomenclature politique ou arts singuliers ?
Eugène Berg Diplomate, ancien ambassadeur en Namibie, au Botswana et aux îles Fidji. Auteur notamment de 'Non-alignement et Nouvel ordre mondial' (PUF, 1980), 'La Politique internationale depuis 1955' (Économica, 1990) et 'Chronologie internati''o''nale : 1945-1997' (PUF, « Que sais-je ? », 4e éd, 1997). Collabore depuis le n° 19-20 au travail de recension effectué dans la revue 'Le Banquet'.
L'inauguration du Musée du Quai Branly, au moment même où s'ouvrait le deuxième sommet France-Océanie, fut un des grands moments culturels du quinquennat de Jacques Chirac. Il lui sera sans doute ce qu'aura été le Centre Beaubourg pour Georges Pompidou, le Musée d'Orsay pour Valéry Giscard d'Estaing et la Grande Bibliothèque pour François Mitterrand. Qu'exprime ce lieu qui a fait depuis son ouverture l'objet d'un réel et soutenu engouement Lire la suite... ]
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Art africain traditionnel
L'art africain traditionnel, qui fut aussi appelé « art nègre », se subdivise en une multitude d'arts locaux. Les musées internationaux ayant longtemps négligé l'art africain[réf. nécessaire], de ce fait la plupart des chefs d'œuvre sont entre les mains des collectionneurs privés et des marchands, et certains d'entre eux ont réalisé depuis les années 1980 de véritables fortunes. Après les diverses indépendances, beaucoup d'Européens étaient rentrés en Europe avec souvent d'importantes collections et peu à peu, leurs collections ont alimenté les marchés aux puces et les ventes aux enchères.
Les objets
La diversité plastique de l'Art africain traditionnel montre une prodigieuse imagination et une intensité magique, révélant l'omniprésence du sacré — qui fascina quantité d'artistes et collectionneurs occidentaux au XXe siècle dont André Breton — et des rites complexes : cérémonies où se jouent la définition du pur et de l'impur, la perpétuation de la lignée, la légitimation des alliances, la force et la cohésion du clan.
La véritable passion de l'art africain se doit dans certains cas de respecter l'objet dans son intégralité, ce qui signifie donc par exemple d'accepter l'existence
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Fondation Zinsou
Présentation
En Juin 2005 la « Fondation Zinsou » a ouvert ses portes à Cotonou, au Bénin. Tout d’abord lieu d’exposition pour les artistes contemporains africains, elle a vu ses horizons s’élargir et son action se renforcer au cours des 4 dernières années. Désormais l’activité de la Fondation est aussi bien artistique que culturelle, pédagogique et sociale.La mise en valeur du patrimoine artistique touchant à l’Afrique, l’éducation, le développement et la réduction de la pauvreté sont au coeur du projet. La méthode recherchée est de réaliser des « actionstémoins» susceptibles d’être répliquées avec le concours d’entreprises et de particuliers. Au fil du temps, et grâce aux actions de mécénat et aux partenariats qui ont vu le jour,la Fondation a pu concevoir, exécuter, suivre, analyser et perfectionner les programmes sur le terrain.
En mars 2009, la Fondation Zinsou peut se résumer en 8 points: 8 expositions fixes et 6 expositions itinérantes dans le sud du Bénin 3 000 000 de visiteurs 9 livres d’art publiés gratuité permanente de toutes les expositions et activités 80 écoles en partenariat 100 000 livres d’exposition offerts aux visiteurs de moins de 18 ans 400 professeurs formés aux expositions d’art par notre directrice pédagogique 120 emplois
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Jacques Kerchache, portraits croisésConnaisseur
à l'œil réputé infaillible, conseiller des plus grands collectionneurs,
militant infatigable de la cause des arts premiers, l'homme qui a fait
entrer au Louvre les œuvres des quatre cinquièmes de l'humanité est
mort au Mexique en août 2001. Il s'appelait Jacques Kerchache. À l'occasion du troisième anniversaire de l'ouverture des salles
d'arts d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques au Louvre, le
musée du quai Branly et Gallimard publient Jacques Kerchache, portraits croisés.
Conçu à partir d'une série d'entretiens avec ses proches, ses amis, les
créateurs, les personnalités qu'il a côtoyées (Jean-Jacques Aillagon,
Jacques Friedmann, Anne Kerchache, Alain Kirili, Jean-Pierre Lang, Jean
de Loisy, Stéphane Martin, Alain de Monbrison, Jean Nouvel, Orlan,
Jean-Charles Pigeau, Jean-François Prat, Michel Propper, Paul
Rebeyrolle, Sam Szafran, Germain Viatte), cet ouvrage n'est ni une
biographie exhaustive ni un essai critique, mais plutôt une invitation
à la découverte. Un acte de mémoire, autant qu'un témoignage de respect. Les
témoignages réunis sont, en quelque sorte, la tradition orale de
Jacques Kerchache transmise par ceux qui l'ont connu. Une tradition
faites de voyages au bout du monde, de cabinets de curiosités, de nuits
passées à contempler des œuvres d'art, à les comparer, à les
distinguer, à les rapprocher, faite aussi d'expositions, accrochées
dans l'urgence et la passion, d'albums et de catalogues feuilletées
dans la fièvre, de pièces traquées pendant des années. Faite
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D'un regard l'Autre
Histoire des regards européens sur l’Afrique, l’Amérique et l’Océanie
D’un regard l’Autre est consacrée aux visions successives portées par les Européens sur les cultures d’Afrique, des Amériques et d’Océanie. Ce programme est un prétexte pour mettre en perspective, par des séries thématiques, la relativité de nos regards au seuil d’un nouveau musée. Plutôt qu’un retour vers le passé, ce catalogue (et l’exposition qui en est la source) marque un point de départ.
De la Renaissance jusqu’à aujourd’hui, les « idoles des Sauvages », « instruments des naturels », « fétiches primitifs », « sculptures nègres » ou « arts premiers » furent les témoins des goûts et des dégoûts, révélateurs des réflexions sur l’altérité. L’originalité de la publication tient à cette profondeur historique qui permet d’inscrire ces objets dans une histoire de l’art élargie.
Le musée du quai Branly fait appel non seulement à des œuvres d’autres cultures témoignant des premiers contacts avec l’Europe, mais aussi aux œuvres européennes au milieu desquelles elles furent disposées. Le catalogue montre ainsi, en une suite de chapitres singuliers, comment les
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CiwaraChimères africaines Les masques-cimiers Ciwara font partie des pièces les plus connues
de l’art africain. Chefs-d’œuvre incomparables des cultures bamana
(Mali) et sénoufo (Mali, Côte d’Ivoire), symboles énigmatiques et
emblématiques de l’art africain, les clichés foisonnent lorsque l’on
évoque ces fameux cimiers de tête. Il existe peu de sculptures dites
traditionnelles en Afrique qui aient suscité autant d’admiration de la
part des amateurs et collectionneurs. Ce catalogue a pour but de
combler cette lacune et de proposer une mise au point scientifique sur
le sujet. Il évoque notamment la perméabilité des frontières
artistiques et l’usage de ce type d’objets qui ne sortent pas
uniquement lors des rites agraires mais à plusieurs occasions au cours
de l’année (divertissement, cérémonies importantes telles que
funérailles, lutte contre les morsures de serpent,…). Il met également
en avant la richesse du musée, sans équivalent dans les collections
internationales, avec ses cinquante-cinq masques reproduits à la fin de
l’ouvrage. descriptif96 pages au format 20 x 26 cm 70 illustrations, et 55 vignettes pour le catalogue raisonné cartes prix de vente public : 25 € isbn 2-915133-15-8 / 88-7439-318-0 Coédition musée du quai Branly/5 Continents commissaire de
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Qu’est-ce que les « arts premiers » ? Expertise jeudi 24 août 2006, par Nélia Dias
Source du document : Sciences Humaines Auteur : Nélia Dias Descriptif :
Sciences Humaines est un magazine de vulgarisation scientifique spécialisé dans les sciences de l’homme et de la société, qui existe depuis 1991.
Si la notion d’« arts premiers » n’est pas inscrite aujourd’hui au fronton du musée du Quai-Branly, c’est que de « premier » à « primitif », il n’y avait qu’un mauvais pas à franchir. Or un « musée des cultures du monde » ne peut plus être celui d’un regard colonial dépassé (Hors-Série n°3 de Sciences Humaines, juin 2006) Nélia Dias est Professeur à l’Institut des sciences du travail et de l’entreprise de Lisbonne, elle a publié notamment « Ethnographie, arts et arts premiers : la question des désignations » (in collectif, Les Arts premiers, fondation Calouste-Gulbenkian, 2003)
Depuis une dizaine d'années, on assiste en France à un engouement nouveau mais controversé pour les « arts premiers », qui se manifeste dans les sphères de la presse, de l'édition, sur les rayons des librairies de musées, comme au Louvre, dans les ventes aux enchères et les expositions [1] .
D'où vient cet intérêt récent pour les arts non occidentaux ? Que recouvre la désignation « arts premiers » ? Comment expliquer ce que l'historien de l'art Ernst Gombrich appelait une « préférence pour le primitif [2] [2] » ? Entraîne-t-elle le rejet de quelque
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